Décryptons la RSE ! 

Partie 2 : l’aspect social

La question de la RSE est bien plus qu’une thématique actuelle qui ressort chaque fois qu’un vide médiatique survient. Bien avant d’être nommée comme telle, de nombreux penseurs ont essayé de lier l’organisation de l’économie et le bien être collectif. Déjà au 18e siècle, Adam Smith dans la Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations tente d’expliciter ce lien. Pour lui, la poursuite des intérêts particuliers a pour conséquence l’atteinte de l’intérêt général.

« Chaque individu s’efforce continuellement de trouver l’emploi le plus avantageux pour tout le capital dont il peut disposer. C’est son propre avantage, en vérité et non celui de la société qu’il a en vue. Mais l’étude de son propre avantage l’amène naturellement, ou plutôt nécessairement à préférer l’emploi qui est le plus avantageux pour la société… Il recherche seulement son intérêt personnel, et il est en cela, comme dans bien d’autres cas, amené par une main invisible à atteindre une fin qui n’entrait nullement dans ses intentions. »

A l’échelle de l’entreprise, en tant qu’unité organisationnelle, toutefois, cette réflexion semble surprenante : la maximisation de l’intérêt de l’entreprise, le projet de réalisation de profit, ne conduit pas nécessairement à la paix sociale.

La main invisible ne semble pas toujours fonctionner à cette échelle, surtout lorsqu’on considère les questions actuelles du bien-être au travail, du commerce équitable, des valeurs des entreprises pour tous les individus dans nos sociétés occidentales. La réflexion sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) initiée par Bowen dans le milieu du XXe siècle rend elle caduque la vision classique de Smith, ou montre-t-elle simplement ses lacunes ?

Il y a quand même une ambivalence dans cette réflexion : si la finalité de l’entreprise ne doit pas être uniquement la maximisation du profit, comment cette dernière s’y prend elle pour rester compétitive face à ses concurrents qui conservent cet objectif ? C’est aussi en s’insérant dans une logique libérale que l’entreprise propose les prestations les plus attractives à ses clients, comme le croit Friedman. « L’unique responsabilité sociale de l’entreprise est d’accroitre ses profits ». La RSE apparaît alors ici comme un défi presque perdu d’avance.

Chez GEM Junior Conseil, nous ne croyons pas en cette incompatibilité. Nous pensons qu’il est possible de combiner la croissance de notre chiffre d’affaires et l’amélioration de nos prestations à un bien-être individuel et une bonne insertion dans notre milieu associatif. Mieux encore, nous constatons que l’épanouissement personnel et l’intégration au sein du groupe sont des moteurs favorisant la productivité et l’émulation. Accomplissement de soi, cohésion d’équipe et gestion du stress seraient les clés d’un travail efficace.

Mais concrètement, comment faisons nous pour associer ces deux dimensions ?

En premier lieu, nous pensons que la Junior Entreprise permet d’allier intrinsèquement un milieu associatif à une activité professionnelle. Dans nos statuts, nous sommes une association loi 1901.

L’article 1er de cette loi définit notre structure comme « une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices ».

Le but premier est alors, de partager des connaissances, des compétences, de transmettre un savoir-faire pour pouvoir continuer de développer notre activité. La vocation pédagogique de notre structure est essentielle, dans le sens où elle permet de préserver la qualité de nos offres.

Aussi, chaque mandat transmet également les valeurs de la Junior Entreprise aux suivants, comme la bienveillance, l’entraide, l’ambition, la persévérance et l’innovation. Tous ces éléments favorisent le maintien d’une activité dont la qualité dure dans le temps.

Comment le constatons nous ?

Par exemple, chaque mandat doit appliquer des normes et mesures objectives sur la qualité des rapports et obtenir un niveau élevé de satisfaction client pour que nous conservions notre certification ISO 9001, que nous détenons depuis 20 ans.

Depuis 2021, nous avons travaillé sur nos processus internes dans l’optique d’obtenir la certification ISO 14001 pour un management environnemental cette fois. Notre association cherche à démontrer l’objectivité de son engagement dans la réduction des impacts et risques liés à son activité.

Au-delà des certifications officielles, la progression de notre activité est également liée à l’esprit ouvert et critique de nos membres. Le mandat 2021-2022 n’a par exemple pas hésité à réagencer le fonctionnement de la structure, donnant plus de responsabilité à chacun, pour qu’elle soit plus horizontale et encore plus productive. Ce réagencement a donné lieu à l’étape du pro bono dans la formation des recrues, permettant d’allier la pédagogie à une prestation utile aux associations. Cette année, nous avons travaillé avec la Ligue contre le cancer ou encore APF France Handicap.

Parce que nous sommes intimement convaincus que la progression de notre activité professionnelle trouve son essor dans une bonne entente au sein du milieu associatif, nous avons mis en en place un suivi RH semestriel, où la vice-présidente de l’association voit individuellement chacun des membres pour faire un point sur son développement personnel et professionnel, son épanouissement et son intégration au sein du groupe.

En définitive, nous partageons la conviction qu’il est possible de lier une pensée humaniste à une logique managériale. La culture de GEM Junior Conseil est de progresser dans cette vision de la RSE, de la mettre en œuvre à notre échelle.