Décryptons la RSE !

Partie 3 : L’aspect économique 

Pour le mois de mars, nous clôturons notre réflexion de fond sur la RSE en s’intéressant de près à son aspect économique. Lorsque l’on s’attarde sur un sujet aussi vaste, pour la rédaction d’un article qui cherche à être synthétique, il est impératif de faire des choix. Nous avons de ce fait, pris le parti d’entremêler une réflexion à l’échelle de l’entreprise à un point de vue global, pour ensuite vous montrer comment nous nous engageons concrètement sur cette thématique.

L’aspect économique de la RSE implique de combiner deux logiques : l’une se rapporte à la performance de l’entreprise, que ce soit en matière de compétitivité, d’attractivité ou de chiffre d’affaires ; l’autre tient à une responsabilisation dans les investissements de l’entreprise. Cette deuxième logique nécessite un Comité d’Orientation Stratégique (COS) qui donne une priorité dans les investissements, sélectionne les fournisseurs, collaborateurs, partenariats de l’entreprise, et donne de ce fait une direction à sa politique RSE. Du point de vue de l’entreprise, il incombe de savoir si la logique de responsabilisation est synonyme d’un accroissement de la performance, autrement dit, de savoir si l’entreprise a intérêt de mener une réflexion à son échelle. La RSE est-elle une contrainte, ou une opportunité pour l’entreprise ? La Commission européenne tranche assez bien sur cette problématique.

Selon une étude de la Commission européenne1 « L’expérience acquise avec l’investissement dans des technologies et pratiques commerciales écologiquement responsables suggère qu’en allant plus loin que le respect de la législation, les entreprises peuvent accroitre leur compétitivité. L’application de normes sociales dépassant les obligations juridiques fondamentales, […] peut avoir des retombées directes sur la productivité. C’est ainsi que s’ouvre une voie permettant de gérer le changement et de concilier le développement social et une compétitivité accrue ».

Au niveau macroéconomique, il s’agit tout d’abord de comprendre la répartition des entreprises en France pour ensuite pouvoir situer l’impulsion de la RSE dans l’économie considérée. Selon l’INSEE2 ce ne serait même pas les PME qui occupent l’essentiel des entreprises françaises, mais bien les microentreprises (MIC), qui représentent 96% des entreprises en France, soit environs 3,65 millions de microentreprises sur 3,8 millions au total. Toutefois, même si les grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire ne constituent que 0,2% des entreprises en France, cette catégorie génère 86% du chiffre d’affaires chaque année.

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont celles qui, d’une part, occupent moins de 250 personnes, d’autre part, ont un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 43 millions d’euros ; parmi elles, les microentreprises (MIC) occupent moins de 10 personnes, et ont un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros.

Dans ces proportions, il faut maintenant savoir à qui il incombe d’initier l’impulsion de la RSE dans l’économie. C’est certainement d’abord aux grandes entreprises qui créent l’essentiel de la valeur ajoutée de changer de paradigme et d’entrer dans une démarche partenariale avec les MIC, en favorisant les MIC locales pour créer un circuit court générateur de valeur. Cela devrait peut-être passer par une remise en question de l’objectif premier de la croissance trimestrielle du chiffre d’affaires ou du profit. « Monter une entreprise sur des valeurs plutôt que sur un business model devient-il un business model ? », la question que pose Alexandre Teulié dans sa conférence RSE comme accélérateur de croissance3, pourrait être reformulée : comment faire pour insérer des valeurs au business model d’une grande entreprise ?

Cependant, si cette minorité n’est pas à l’initiative de cette démarche, que faire ? Est-il utopiste de croire que l’essentiel des entreprises puissent faire changer leur comportement à une minorité, bien souvent tout autant tributaire de ces dernières ? Ce démarrage pourrait peut-être commencer à une échelle réduite. Des collaborations entre les MIC, des ententes sur des valeurs communes sont certainement viables.

Chez GEM Junior Conseil, après avoir mené une réflexion de fond sur plusieurs mandats sur ces sujets, nous souhaitons nous engager à notre échelle et vous partager quelques points qui prouvent cette conviction.

Cela passe tout d’abord en interne par un respect strict de l’éthique des affaires et de la déontologie de l’activité que l’on exerce. La déontologie de GEM Junior Conseil est notamment encadrée par la Confédération Nationale des Junior Entreprises (CNJE). Elle se décompose en 5 piliers que chaque intervenant doit connaitre et appliquer pour pouvoir pratiquer. Par exemple, l’un d’entre eux est que les membres de GEM Junior Conseil réalisent des prestations de service dans le but de mettre en application les enseignements dispensés dans leur établissement.

Cet engagement se retrouve aussi dans nos actions à l’extérieur : nous voulons dans la mesure du possible mener une collaboration avec des acteurs qui partagent nos valeurs pour mener à bien la mission qu’ils nous confient premièrement, mais aussi s’enrichir mutuellement dans un second temps. Au-delà de la mission que nous effectuons pour nos clients, nous croyons à un réel partage de valeurs qui est bénéfique aux deux parties. De plus, GEM Junior Conseil a aussi l’ambition d’être un acteur local ancré dans le bassin grenoblois. Cet investissement dans la région Rhône-Alpes se traduit par une collaboration avec des clients, prestataires locaux, et un investissement particulier dans les évènements de la ville et de la région par l’intermédiaire de Grenoble École de Management, l’école de commerce à laquelle nous sommes affiliés. Pour exprimer cette volonté, nous avons aussi collaboré avec des associations dans le cadre d’études gratuites : les études pro-bono que nous évoquons dans l’article du mois de février.

Enfin, nous avons voulu concrétiser notre engagement. Pour ce faire, un objectif ambitieux a été défini : obtenir la certification ISO 14001 en répondant à de nombreux critères qui définissent un système de management environnemental. Nous considérons cette certification comme un outil d’amélioration de nos processus, permettant de se poser les bonnes questions et de trouver des axes concrets d’amélioration. Nous avons pour le moment engagé un investissement de 8000 euros afin de suivre au mieux cette démarche.

Finalement, la conviction sous-jacente de l’aspect économique de la RSE tient peut-être dans une utopie, que Pierre-Alexandre Teulié formule bien « laissons les valeurs gouverner le monde ». Ce principe semble enfantin tant il nous apparaît comme loin de toute réalité, néanmoins cet idéal peut tout de même engager chez tous une réflexion de fond sur le modèle économique global, et surement engager des actions concrètes qui abondent dans son sens. C’est avec cet idéal que nous souhaitons achever notre réflexion de fond sur cette thématique !

Sources :

1Responsabilité sociale des entreprises : une nouvelle stratégie de l’UE pour la période 2011-2014, communiqué destiné au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions. 2011

2Insee, Ésane 2018 (données individuelles).

3RSE comme accélérateur de croissance : Pierre-Alexandre Teulié at TEDxAlsace